Le court-métrage, le CNC et Format Court…

Posté le 3 décembre 2014 dans Actualités

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Qui dit société de production dit forcément de tenter au moins une fois sa chance au CNC -Centre National de la Cinématographie-, le temple des subventions et des aides

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Après six années de travail bénévoles, mais passionnées, sur l’émission Format Court , nous avons donc tenté notre chance en montant un dossier dans les règles avec le soutien d’un producteur à l’aise dans ce type de demande.
Il faut savoir que le montage est assez complexe puisqu’il faut préparer en dix exemplaire un dossier comprenant un budget prévisionnel, CV, DVD des précédentes saisons, notes d’intentions…

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Bien loin de l’idée de simplement grappiller une part du gâteau, il s’agissait surtout de passer d’une émission auto-produite (qui ne générait donc pas de dépenses puisque nous ne nous sommes jamais payés) à une véritable émission produite avec un minimum de coût. Mais cet état d’esprit a dû faire peur à la commission : pourquoi nous subventionner alors que nous fonctionnions très bien comme cela depuis des années ?
Notre savoir-faire depuis six ans : mettre en avant les réalisateurs et probables futurs talents français en allant à leur rencontre. Parler de ceux qui réalisent/produisent des courts métrages souvent avec des budgets fauchés pour ne pas dire auto-produits. Autrement dit, tous ceux mis à l’écart par le CNC.
De plus, nous demandions une aide très inférieure à ce que le CNC accorde d’ordinaire aux magazines comparables aux nôtres (exemple pour l’émission Court Central sur OCS : 80.000e pour une saison)

Et après plusieurs semaines d’attente :

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On vous laisse le soin de méditer sur le terme low-cost…
On ne dit pas que notre émission vaut mieux qu’une autre mais Format Court avait le mérite d’être la seule émission traitant du court-métrage décalé, de genre, jeune et frais pour le grand public sur une chaîne publique (Nolife est accessible gratuitement sur toutes les box internet) et à une heure de -relative- grande écoute (le dimanche à 22h30).

Notre volonté après était de faire évoluer l’émission et non se gaver: payer des droits de diffusions, se déplacer en dehors de l’ile-de-france pour rencontrer des réalisateurs et aller sur des tournages, mettre en place un ABC of Death à la française…
Nous sommes tombés de haut avec cette réponse un peu blessante, il faut l’avouer et  cela nous a carrément découragé à relancer l’émission une année de plus.

Après en avoir discuté avec des auteurs/réalisateurs qui ont eux aussi tenté l’aventure du CNC, il y a un gros problème en français : le manque de confiance accordé à de jeunes sociétés/réalisateurs, le copinage assumé du CNC et donc la difficulté de développer des programmes/courts métrages qui sortent des sentiers battus.
A la différence des US où l’on mise beaucoup plus sur de jeunes talents et où l’on hésite pas à échanger et discuter avec eux en personne.
Format Court a traité pendant une cinquantaine d’émissions de ce « nouveau cinéma » qui se développe sur internet, le cinéma auto-produit libre de contraintes. De nombreux talents émergent grâce à internet et nous voulions avec notre émission secouer un peu l’arbre de la « grande famille » du cinéma français.

Mais ce cinéma qui innove, bouge, ne semble donc définitivement pas avoir sa place en France : on vous laisse réfléchir maintenant sur la fuite des cerveaux et  la difficulté de monter des films ambitieux